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EN VIDEO – Ferdinand Prénom, le pivot aux mains d’or (20/11/17)

Ferdinand Prénom est le pivot hors du commun du club de Hyères-Toulon, 8e de Pro A après 10 journées. Malgré ses 2m01 et 145 kg, le Parisien est l’homme de base de la réussite du club varois et un shooter stupéfiant pour son poste. L’émission de SFR Sport 2 Buzzer est partie à la rencontre du massif central du HTVB. Reportage.

 LA VIDEO :
 
« Au début, quand j’ai commencé le basket, on m’a dit que j’avais de belles mains. Je ne comprenais rien à ce qu’on me disait. Je ne voyais pas pourquoi les gens faisaient des compliments sur mes mains », sourit Ferdinand Prénom (2,01 m, 27 ans). Intérieur du Hyères-Toulon Var Basket, le natif de Paris a toujours eu un physique atypique. Joueur puissant et costaud (140 kg), il a pourtant gardé cette qualité de tir. Cette année, il tourne à 61% de réussite aux tirs et à 43% à 3-points. « Quand j’étais petit, j’avais comme idole Boris Diaw. J’adorais la hargne de Kevin Garnett, les fondamentaux de Tim Duncan ou encore Shaquille O’Neal. Lui, il était presque inarrêtable. Dans le jeu actuel, il ne faut rien s’interdire. Il faut avoir plusieurs atouts pour être un meilleur joueur. Et c’est vrai que j’essaye de progresser sur cet aspect de mon jeu. » C’est comme ça que « Ferdi » voit le basket : comme un jeu. « J’ai toujours été grand pour mon âge. Bien sûr, j’ai fait du football dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Grâce à la scolarité, j’ai pu faire de la natation et du handball. Mais c’est quand un ami m’a proposé de venir essayer le basket que j’ai accroché. Vu que j’étais grand, les coachs étaient plus relax avec moi. Et aujourd’hui, j’essaye de garder le même plaisir qu’au début et de progresser tous les jours. »

« Pourquoi pas moi ? »

Quand il débarque à Championnet Sports, dans le XVIIIe arrondissement de la capitale en poussin, le pivot du HTV ne fait pas du sport sa priorité. C’est lors d’un stage de grands gabarits que le déclic intervient, comme il l’explique : « Je suis allé à ce stage et j’ai pu intégrer le pôle de l’Île de France avec Éric Goffic. De fil en aiguille, j’ai fait les sélections régionales et tout s’est accéléré. » Il est ensuite prêté une année à Marne-La-Vallée (Seine-et-Marne) avant d’intégrer le centre de formation de la JDA Dijon avec Julien Marchand. « J’ai visité une fois les infrastructures avec mes parents. Je suis arrivé à 15 ans dans une famille d’accueil formidable et dans un club structuré. C’est là que j’ai signé mon premier contrat professionnel après avoir fait le cursus Cadets et Espoirs. Au début, quand je voyais les gabarits en face de moi, je ne me disais pas que je voulais devenir professionnel. Puis au fur et à mesure, à force d’apprendre, de progresser et de m’amuser, je me suis dit « Pourquoi pas moi ? »

Titulaire d’un BEP vente et d’un Bac Pro Commerce, le jeune Ferdinand intègre le cinq majeur idéal de la saison 2009-2010 en Espoirs. Depuis cette époque, il cumule 6 saisons de Pro A et 3 de Pro B. « Les coachs et les clubs savent qui je suis maintenant. Lors de ma première année en Pro B à la JDA, le club venait de descendre. On apprend beaucoup avec une saison comme ça. Il fallait gratter des minutes dans ce championnat. Julien Espinosa, à Antibes, m’a ensuite appelé car je ne voulais pas retourner dans le championnat Espoirs. » L’actuel coach des Sharks n’est pas déçu. Sa recrue tourne à 12,5 d’évaluation et il est élu meilleure progression de Pro B. C’est naturellement que le poste 5 retourne d’où il vient : à Dijon.


C’est à Antibes, en 2011/12, que le jeune Prénom se fait un nom en LNB
(photo : Romain Robini)

« Boulogne ? Ce n’était pas une prise de risque. C’était un pari »

Le médaillé d’or 2010 au championnat d’Europe U20 en Croatie restera trois saisons supplémentaires à la JDA (8, 7,6 et 10,1 d’évaluation). Une rupture des ligaments croisés du genou gauche l’oblige à s’arrêter six mois. C’est ainsi que pour son retour à la compétition, en 2015, il décide de s’engager en Pro B, à Boulogne-sur-Mer, avec Germain Castano. « Au début, il y a la peur que les gens t’oublient, qu’ils pensent que tu ne retrouveras jamais ton niveau. Mais il fallait prendre une décision. J’avais besoin de jouer et Germain m’a montré beaucoup d‘intérêt. Je n’avais pas peur de redescendre d’un étage. Ce n’était pas une prise de risque, c’était plus un pari. » Le pari est réussi. Ferdinand terminera la saison 2015/16 à 12,8 points (65,9% de réussite), 5,9 rebonds, 1,5 passe décisive, 1,9 balle perdue pour 16,9 d’évaluation en 26 minutes et 34 rencontres disputées.

« Ferdinand Prénom ne peut pas faire du Youssoupha Fall »

Le 6 mai 2014, il fait également partie de la liste des 16 joueurs présélectionnés pour l’équipe de France A’ afin d’effectuer une tournée en Chine et en Italie durant le mois de juin. Depuis, les contacts avec l’équipe nationale se sont arrêtés. « Quand on voit les joueurs présents à mon poste, il ne faut pas se voiler la face. Moustapha Fall, Vincent Poirier, Mathias Lessort, Kévin Séraphin : ce sont des joueurs impressionnants. Bien entendu, je suis l’actualité de l’équipe de France. De mon côté, je bosse pour être au meilleur niveau. Mais je ne veux pas croire que demain, on puisse m’appeler. Les joueurs présents sont plus grands et les centimètres, c’est important. » Malgré cette présence importante à son poste, il reste ambitieux et n’hésites pas à partager son expérience avec les U17 Région du club varois. « Je passe actuellement le diplôme pour avoir le CQP, pour coacher en NM3 et jusqu’en NF2. »


L’image de Ferdi Prénom reste associée à son club formateur, la JDA Dijon

Il devra également peut-être leur transmettre le fait de savoir écouter les critiques et les remarques. Ferdinand a connu ça. Notamment sur son poids. « Le gens pensent ce qu’ils veulent. Il y a toujours une part de vérité dans ce qui est dit. Je sais ce que je dois travailler, mais j’ai un caractère qui me permet d’avancer. Tout le monde a le droit d’avoir un avis. Je suis quelqu’un d’entier, je n’irais pas m’apitoyer si on me critique. Il ne faut pas oublier que si je suis là, c’est que je dois avoir le niveau. Puis c’est mon style de jeu. On ne peut pas demander à Ferdinand Prénom de faire du Youssoupha Fall. »

« On ne va pas pleurer dans les chaumières »

Celui qui aime aller au cinéma « pour se changer les idées » est aujourd’hui le capitaine du club présidé par Christian Giannini. « Je suis content de ce rôle, mais il ne faut pas oublier que le capitanat, c’est avant tout l’équipe. Tout le monde peut s’exprimer. »

Entraîné par Emmanuel Schmitt, le HTV dispose du plus petit budget de Pro A (2 000 000€) et de la plus petite masse salariale (654 000€). Ce qui n’a pas empêché le club de faire un excellent début de saison en dominant Limoges, Le Mans ou encore Nanterre, avant de progressivement rentrer dans le rang. « Tout le monde nous voyait comme le petit poucet, comme l’équipe qui était là sans être là. On a pu surprendre des personnes en début de saison. On a montré qu’on méritait un peu plus de respect. Il y a un bon état d’esprit dans le groupe. On croit en nous. »  Et Ferdinand croit au projet du HTV car il a prolongé son contrat d’une saison cet été avec le club sudiste. Cette formation du HTV ne rejouera que le 2 mars à Dijon en Pro A. Un break de pratiquement un mois si l’on excepte la défaite en Coupe de France le 13 février (81-65) à Monaco. « On n’est pas les seuls dans ce cas. Le coach nous a donnés quelques jours de repos pour se vider la tête et se reposer. C’est long, on préférerait jouer. Mais on est déjà de retour au travail pour bien préparer la deuxième partie de saison. »

Sanctionné fin décembre par la LNB d’un retrait de trois, puis au final d’une victoire pour « présentation de comptes ou de documents prévisionnels non fidèles et sincères », le HTV est actuellement dernier avec 6 victoires pour 14 défaites à égalité avec Boulazac et Chalon-sur-Saône. Honnête, sincère et entier, cette affaire a forcément touché le pivot qui tourne à 9,5 points, 3,5 rebonds et 1,3 passe décisive pour 9,9 d’évaluation en 18 minutes. « On nous a pris une victoire. Tout simplement. On se bat toute la saison. On n’a rien volé du tout. On a gagné car on le méritait sur le terrain. Maintenant, on doit avancer pour aller chercher des victoires pour le maintien. On ne va pas pleurer dans les chaumières. » Ce n’est pas le style du HTV. Encore moins celui de Ferdinand Prénom.

 

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